Quel continuum entre mobilité sociale et mobilité géographique ?
Quel continuum entre mobilité sociale et mobilité géographique ? « Déjà, en adoptant un regard d'urbain, puisque je vis à Paris depuis plusieurs années et je pratique plutôt les transports à Paris, c'était un premier constat : depuis une dizaine, quinzaine, voire vingtaine d'années, on est passé d'une offre principalement axée vers les transports en commun à une offre qui aujourd'hui est très développée en cyclabilité. Et si j'essaie un petit peu de me décentrer vers une expérience que moi je n'ai pas personnellement, mais sur des territoires plus desserrés, on peut constater qu'on est passé pareil, en 10, 15, 20 ans, d'une facilité à se déplacer en voiture à une situation plus complexe relative à la question du coût du déplacement et donc du pouvoir d'achat que cela pose. Finalement, dans tout ça, la question est de se dire comment les personnes qui se déplacent arrivent à tirer leur épingle du jeu pour arriver quotidiennement à se déplacer d'un point A vers un point B. Donc le point A où l'on vit, faire en sorte qu'il soit dans son budget de logement, dans son pouvoir d'achat ; le point B, faire en sorte déjà qu'on ait un travail, qu'on puisse s'y déplacer et qu'on puisse s'y déplacer correctement. Ce qui m'avait un petit peu frappé en réfléchissant au débat actuel, c'est qu'on a aujourd'hui trop tendance à vouloir opposer cet urbain et ce rural qui, finalement, quand on les regarde chacun individuellement, adoptent tout autant que l'autre un point de vue assez individualiste. Le vélo en ville disant "moi j'avance, j'ai besoin d'avancer", et parfois faisant fi de la sécurité routière et du feu rouge ; l'automobiliste, plutôt en village ou en ville moyenne, disant "moi l'écologie urbaine d'accord, mais j'ai besoin d'aller au travail". Aujourd'hui, comment fait-on pour réconcilier un petit peu ces positions antithétiques et comment surtout on fait pour arriver à retrouver du commun dans un projet de mobilité ? C'est vrai que c'est ce qui me frappe beaucoup aujourd'hui : j'ai le sentiment qu'on a un peu perdu le sens du commun dans la question des mobilités. Moi je ne prends plus beaucoup le métro à titre personnel, donc je suis en vélo, je suis assez individuel sur mon déplacement, et donc je n'ai pas ce commun-là, de la même façon que celui qui se déplace en voiture n'a pas ce commun. Les transports ne sont plus un lieu de commun, ou en tout cas, comment peuvent-ils continuer à le devenir ? Dans cette équation, ça fait le lien aussi avec les autres questions sur le design urbain, sur comment est-ce qu'on peut avoir réenvie de prendre les transports et d'utiliser les transports en commun. Il y a du travail, mais beaucoup de sujets de programmation doivent prendre à bras-le-corps cette question de la mobilité. »
Margaux Nebout nous raconte dans cette interview le lien entre la mobilité sociale et la mobilité géographique.
En adoptant un regard urbain, j’ai pu faire un premier constat : en plusieurs d’années, nous sommes passés d’une offre principalement axée vers les transports en commun vers une offre très développée en cyclabilité.
En essayant de se décentrer vers une expérience sur des territoires plus desserrés, nous sommes passés d’une facilité à se déplacer en voiture, à une situation plus complexe relative à la question du coût du déplacement et donc du pouvoir d’achat. Finalement, la question est de se dire comment les personnes qui se déplacent arrivent à tirer leur épingle du jeu pour arriver quotidiennement à se déplacer d’un point A (où ils vivent) à un point B ? Il faut faire en sorte que le point A soit dans leur budget de logement et dans leur pouvoir d’achat. Quant au point B, il faut déjà faire en sorte d’avoir un travail et faire en sorte que ces personnes puissent s’y déplacer correctement.
Ce qui m’a frappée en réfléchissant au débat actuel, c’est que nous avons aujourd’hui trop tendance à vouloir opposer cet urbain et ce rural. Alors qu’ils adoptent tout autant que l’autre un point de vue assez individualiste. Il y a par exemple : le vélo en ville qui dit « moi j’avance, j’ai besoin d’avancer » et parfois fi de la sécurité routière et du feu rouge. Tandis que l’automobiliste d’un village ou ville moyenne va dire « moi l’écologie urbaine, d’accord, mais j’ai besoin d’aller au travail ».
Comment fait-on aujourd’hui pour réconcilier ces positions antithétiques, et comment fait-on pour arriver à retrouver du commun dans un projet de mobilité ? C’est ce qui me frappe beaucoup aujourd’hui, j’ai le sentiment que nous avons un perdu le sens du commun dans la question des mobilités. Personnellement, je ne prends plus beaucoup le métro, je suis donc assez individuelle sur mon déplacement. De la même façon que celui qui se déplace en voiture n’a pas ce commun. Les transports ne sont donc plus un lieu de commun, ou comment peuvent-ils continuer à le devenir ?
Cette équation fait aussi lien avec le design urbain, sur comment redonner envie de prendre les transports en commun.
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