Tricoter la mobilité, une maille à la fois

Cecilia Silva Mobility sphère 2026
Cecilia Silva, Cecilia Silva est professeure à la Faculté d’ingénierie de l’Université de Porto et experte en mobilité et planification durable au sein de Mobility Sphere. Rédigé le 27 avril 2026
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The Mobility Times rencontre l’experte basée à Porto, Cecilia Silva

The Mobility Times rencontre l’experte basée à Porto, Cecilia Silva

Lorsqu’elle ne fait pas de recherche sur les solutions de mobilité, Cecilia Silva aime s’asseoir tranquillement pour tricoter, principalement des écharpes. Ou lire.

« Mes loisirs sont très calmes et peu mobiles », a‑t‑elle confié à The Mobility Times, avec un sourire.

Mais ils reflètent aussi la manière dont l’experte Mobility Sphere, Silva, professeure à la Faculté d’ingénierie de l’Université de Porto, aborde ses thématiques de recherche : avec calme, patience et concentration.

0:03 La campagne pour l'échelle régionale. 0:06 L'aménagement du territoire, tout d'abord, euh, est ce que nous appelons souvent le développement axé sur les transports en commun, qui est 0:13 le développement de zones urbaines basé sur les transports publics. 0:21 Dans la zone régionale, l'aménagement du territoire vient en premier dans la logique de définition des endroits où nous devrions avoir les nouvelles centralités, là où les gens peuvent se rassembler et où les transports publics peuvent fonctionner. 0:35 Lorsque nous parlons de zones urbaines denses, nous avons toujours besoin du système de centralité comme à l'échelle régionale. 0:42 Mais nous devons également prendre en compte un autre aspect très important de l'aménagement du territoire, qui est la répartition de l'espace public, qui devient très limitée dans les zones centrales. 0:52 Et donc, pour que les transports publics fonctionnent et soient efficaces au sein des zones urbaines denses, nous avons besoin d'une redistribution de l'espace public et non pas seulement du système de centralité.

Depuis ses débuts, elle a appris à quel point les défis de la mobilité sont complexes, et combien ils sont imbriqués avec d’autres questions sociétales, comme les divisions entre centres urbains et zones rurales, un sujet clé de la conférence Mobility Sphere organisée à Porto en mars 2026. Et elle comprend que les progrès peuvent être plus lents qu’elle ne l’aurait espéré.

« Je me suis intéressée à la mobilité parce que je me préoccupais de la congestion du trafic. Mon objectif était de résoudre la congestion. Ce qui est ironique, c’est qu’aujourd’hui j’enseigne aux professionnels de l’aménagement que la congestion n’est pas quelque chose que l’on peut résoudre, mais quelque chose que l’on doit gérer », a‑t‑elle expliqué.

« J’ai toujours été préoccupée par la durabilité, et j’ai compris, grâce à mes recherches, qu’il existe tant de facteurs importants à prendre en compte lorsqu’on gère la mobilité. »

Lors de la conférence de Porto, Silva a partagé certaines des réflexions centrales de son travail, notamment les interactions entre l’usage des sols et les solutions de transport, mais aussi le concept même de liberté.

Les politiques publiques ont souvent privilégié des solutions de transport plus rapides et visiblesnouvelles routes ou nouveaux services — tout en repoussant une planification de l’usage des sols, plus lente. Il en résulte un cycle bien connu de dépendance à la voiture : des villes conçues autour de l’automobile, qui génèrent ensuite davantage de déplacements, et finalement davantage de congestion.

Lors de la conférence de Porto, elle a qualifié cela de « cercle vicieux », renforcé par ce que les chercheurs appellent la demande induite. Augmenter la capacité routière, et le trafic augmente. La promesse de la vitesse, a‑t‑elle suggéré, se traduit rarement par une liberté durable. Elle tend plutôt à étendre les villes, en éloignant les habitants des lieux et services dont ils ont besoin.

La liberté ne vient pas principalement de la vitesse et de l’efficacité, mais de la proximité et de l’accès, ce qui inclut parfois la « liberté de ne pas avoir à se déplacer » pour les besoins quotidiens, a affirmé Silva.

C’est là qu’intervient le design social : l’emplacement des écoles, le fonctionnement des quartiers, et la question de qui est exclu de l’accès.

« L’usage des sols doit passer en premier, car la manière dont nous concevons les territoires… génère ensuite nos besoins de mobilité. »

Elle se montre également prudente face aux solutions technologiques. L’innovation, selon elle, doit servir des problèmes clairement définis, plutôt que de créer des solutions en quête d’applications.

La planification, pour Silva, est toujours un exercice qui consiste à travailler avec l’existant. Les villes ne sont pas des pages blanches, mais des réalités superposées, façonnées par des décennies de décisions que l’on ne peut pas simplement annuler.

La tâche consiste à guider le développement de manière délibérée, plutôt que de supposer que le transport, à lui seul, va « corriger » la forme urbaine.

La planification est un processus lent et cumulatif, qui garde à l’esprit à la fois le foncier et le transport.

Vue sous cet angle, la politique de transport n’est peut‑être pas si différente du tricot : avec patience, une maille à la fois.

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