Comment les neurosciences peuvent-elles contribuer à la transition vers la mobilité ?

Samah Karaki
Samah Karaki, Fondatrice et directrice du Social Brain Institute Rédigé le 20 février 2024
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« La question de la transition écologique, elle est au cœur de nos préoccupations. Et pour moi, la communication extérieure a un rôle de média "citoyen" à jouer. C’est-à-dire qu’on doit utiliser nos supports non seulement pour la publicité, mais aussi pour sensibiliser, pour accompagner les changements de comportements. On peut, par exemple, utiliser nos écrans pour donner des indicateurs sur la qualité de l'air, pour inciter au report modal en montrant le temps de trajet en transport en commun par rapport à la voiture. C'est en rendant ces données visibles et concrètes dans l'espace public qu'on va aider les citoyens à faire des choix plus durables. Le média de la rue doit être le reflet des engagements de la ville en faveur de la planète, en étant lui-même exemplaire dans sa consommation énergétique et dans son intégration urbaine. »

Dans son interview, Samah Kamaki, Fondatrice et directrice du Social Brain Institute, décrit le lien entre les neurosciences et la transition vers la mobilité.

Comment les neurosciences peuvent-elles contribuer à la transition vers la mobilité ?

La question de la mobilité est un cas d’étude très intéressant pour comprendre le changement du point de vue psychologique et psycho-social. Les neurosciences nous montrent que cette puissance d’agir est très limitée parce que nous avons des ressources mentales limitées. Le changement est beaucoup plus efficace quand il est initié par des structures et quand cela nous permet en tant qu’individu de dépenser le moins d’énergie.

Pourquoi est-ce que la dimension sociale est cruciale dans l’action climatique ?

Un des arguments qui ralentit ce changement lié à l’environnement, c’est de considérer que tout changement va affecter les personnes les plus démunies. C’est ce qu’on appelle le perfectionnisme politique : il ne faut pas qu’il y ait des populations qui soient touchées par le changement. Avant de réfléchir sur les changements, il faut qu’on puisse nous assurer que les personnes les plus vulnérables soient dans la capacité de pouvoir continuer à opérer leur vie avec ces changements. C’est pour ça que toute question de changement liée à l’environnement ne peut pas être séparée de la question de la justice sociale.

Comment faciliter le changement ?

La stratégie la plus efficace quand on veut remplacer un comportement par un autre, c’est d’ajouter des frictions aux comportements qu’on veut arrêter. Ensuite, il faut faciliter le comportement qu’on désire adopter. L’alternative aux comportements qui ne sont pas bénéfiques pour l’environnement est déjà à prévoir avant même de mener n’importe quelle campagne de sensibilisation.

Devons-nous proposer une solution collective ?

Pour un enjeu aussi complexe comme la question climatique, on doit se méfier de tomber dans le piège de la « cause unique ». Il vaut mieux qu’on regarde ces problématiques d’une manière plus systémique et multidisciplinaire en appliquant tous les acteurs.trices qui peuvent avoir des influences sur cette question-là.

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