Comment lutter contre la précarité-mobilité ?
Sébastien Bailleul : « Alors effectivement, le constat qu'on porte chez Wimoov, et notamment via un baromètre des mobilités du quotidien qu'on a lancé il y a 4 ans de ça, 2019 donc bientôt 5 ans, on a travaillé un indicateur de précarité mobilité. Cet indicateur, il couvre plusieurs champs, deux champs principaux : c'est le fait que des personnes n'aient pas du tout accès à des moyens de transport dans leur quotidien, ça c'est le premier élément qu'on va aller regarder ; le deuxième, c'est la dépendance à la voiture, donc le fait d'être 100 % dépendant d'une voiture individuelle. Quand on croise ces différents indicateurs, et notamment ces deux principaux, aujourd'hui en France on peut dire qu'il y a 13 millions de personnes qui sont en précarité mobilité. Le travail de Wimoov chaque année, c'est d'accompagner 3 000 personnes. Si on additionne tous les acteurs de la mobilité inclusive en France, on va accompagner 100 000 personnes. Entre 100 000 et 13 millions, vous voyez le gap. Effectivement, il y a des avancées d'un point de vue politique, d'un point de vue législatif. En France, on a une nouvelle loi qui a été promulguée début 2020 qui est une Loi d'Orientation des Mobilités. Un gros changement pour la France parce qu'on était sur une loi des transports, sur l'infrastructure, sur le mass transit, etc. Aujourd'hui, cette Loi d'Orientation des Mobilités, elle pose un principe : le droit à la mobilité pour tous, et elle pose des premiers éléments autour de la mobilité solidaire, c'est-à-dire comment justement prendre la question de ces publics plus impactés par la précarité dans les dimensions sociales, économiques, etc., comment les prendre en compte. Donc ça, c'est une première belle avancée. Maintenant, on est face effectivement à un constat où les moyens et l'obligation de moyens aujourd'hui dans la loi n'existent pas, et donc il y a nécessairement un travail à faire pour avancer avec les autorités françaises, le gouvernement, avec les autorités locales, mais aussi avec les acteurs privés du transport pour faire en sorte que cette mobilité solidaire soit complètement incluse, qu'elle soit prise en compte dans les politiques publiques qui sont menées et dans les projets qui sont menés. Mais il y a des belles avancées. Il y a une dernière loi aussi en France sur les SERM, donc des réseaux métropolitains de transport, qui a vu le jour, qui justement prend en compte cette considération de travailler l'intermodalité, comment on va passer d'un mode de transport à un autre pour des gens qui sont dans des zones peu denses, plus éloignées des centres-villes, etc. Donc on voit qu'il y a une tendance positive sur ces aspects-là. Maintenant, il faut des moyens, et des moyens financiers pour le faire. On pense que notamment l'accompagnement des personnes — quand on va rencontrer les gens, les informer sur ce qui existe sur leur territoire, sur les moyens qu'ils ont pour se déplacer autre que la voiture qui est souvent coûteuse — via l'information, via la formation, via l'accompagnement, on a des résultats concrets. Donc il faut débloquer des moyens sur ce point particulièrement. »
La vidéo met en lumière les réflexions de Sébastien Bailleul, Directeur des Relations Institutionnelles et Européennes chez Wimoov, concernant les approches pour améliorer l’accès à la mobilité pour tous.
Chez Wimoov, nous avons travaillé un indicateur de précarité-mobilité. Cet indicateur recouvre 2 champs principaux :
- Le fait que des personnes n’aient pas du tout accès à des moyens de transport dans leur quotidien.
- La dépendance à la voiture.
Quand on croise ces différents indicateurs, on peut dire qu’aujourd’hui en France, il y a 13 millions de personnes qui sont en précarité-mobilité.
Le travail de Wimoov chaque année est d’accompagner 30 000 personnes. De plus, si on additionne tous les acteurs de la mobilité inclusive en France, on va accompagner 100 000 personnes. Entre 100 000 et 13 millions, il y a un écart.
On remarque des avancées du point de vue politique et législatif. En France, il y a une nouvelle loi qui a été promulguée début 2020, c’est une loi d’orientation des mobilités. Cela représente un gros changement pour la France qui était sur une loi des transports, des infrastructures, et des transports en commun. Aujourd’hui, cette loi pose un principe : le droit à la mobilité pour tous, et elle pose de premiers éléments autour de la mobilité solidaire. C’est une première belle avancée, mais on fait aussi face à un constat où les moyens n’existent pas dans la loi. Il faut collaborer avec les autorités françaises, le gouvernement, les autorités locales, mais aussi avec les acteurs privés du transport pour intégrer pleinement la mobilité solidaire dans les politiques et projets publics. En France, nous avons aussi une autre loi en France sur les SERM qui a vu le jour, et qui prend justement en compte cette considération de travailler l’intermodalité dans des zones peu denses.
Il y a une tendance positive sur ces aspects-là et maintenant, il faut des moyens financiers pour le faire. On pense notamment qu’il faut débloquer des moyens sur l’accompagnement des personnes en les informant sur ce qui existe sur leur territoire.
d’équivalent CO2



