Insights

Voiture

Faut-il bannir les automobiles en ville ?

  • Brian Caulfield

    Brian Caulfield

    Professeur en transport et Directeur de département au Trinity College de Dublin, Expert auprès de l'Autorité nationale des transports (Irlande)

20 Février 2024

Les voitures n’auront pas leur place dans les villes de demain.

Préoccupée par la pollution atmosphérique et les coûts liés à la possession de voitures privées, la nouvelle génération sera le moteur de cette transition.

L’élimination des voitures en ville passe par la diversification et l’augmentation de l’offre de transport. Nous devons considérer l’ensemble des modes de transport pour améliorer nos services, tant dans les métros que dans les bus.

L'avenir de la mobilité ne dépend pas, et ne devrait pas dépendre, de solutions technologiques futuristes telles que les voitures volantes. Alors que la technologie joue un rôle dans la transformation de nos transports, elle ne représente qu'une partie de la transition vers des mobilités durables. Dans le monde rural, qui dépend de la voiture, ce serait plus pertinent de réfléchir aux solutions de covoiturage plutôt qu'aux véhicules autonomes. Dans nos villes, notre priorité devrait être l'amélioration des infrastructures existantes plutôt que le déploiement de nouvelles technologies, afin de proposer des services de transport public plus sûrs et plus fiables.

Au regard de l’impact du réchauffement climatique sur nos espaces urbains limités, l’expansion des zones urbaines est un levier important pour rafraîchir nos villes. Face à l’augmentation de la densité urbaine, notre principal défi n'est pas tant le manque de transports publics, mais plutôt le manque d'espace en ville.

Une fois que nous aurons optimisé nos réseaux de transport pour éliminer graduellement les voitures de la fabrique urbaine, nous pourrons insuffler de l’air plus propre dans nos villes. Elles deviendront des villes durables dans lesquelles nos enfants et nos petits-enfants se demanderont pourquoi les voitures polluantes ont pu occuper une place si importante dans le passé.

Interview

Design

Pourquoi l’aménagement urbain est une problématique clé de la mobilité

  • Boutaïna Araki

    Boutaïna Araki

    Présidente Clear Channel France

20 Février 2024

La Présidente de Clear Channel France, Boutaïna Araki, aborde dans cette séquence vidéo l'importance de l'aménagement dans les problématiques de mobilité urbaine.

La publicité extérieure est un média de la rue qui est très engagé dans la ville et dans sa mobilité. A travers le mobilier urbain, on est depuis toujours un acteur qui accompagne la manière dont la mobilité s’organise dans la ville. Cela sera encore plus vrai demain, on a un rôle à jouer dans l’évolution de cette mobilité et dans le monde revisité de demain. Pour moi, il y a 2 aspects essentiels :

  • L’importance du design qui consiste à créer un espace confortable et fonctionnel, offrant divers services permettant aux citoyens de se sentir inclus et accueillis dans la ville.
  • L’importance de comment ce design, servant de support publicitaire mais aussi d’information et de contenu, peut devenir un élément fédérateur, formant une communauté.

 

C'est ça, le rôle que peuvent jouer la publicité et la communication extérieures dans les évolutions de la ville en lien avec l’évolution de la mobilité.

Insights

Design

Design urbain et mobilités de demain : quelles interactions et quelles interventions des citoyens ?

  • Lior Steinberg

    Lior Steinberg

    Urbaniste et cofondateur de Humankind (Agence pour le changement urbain).

20 Février 2024

Quand on intervient dans l’espace public, des changements ou évolutions que l’on pensait modestes, peuvent avoir des répercussions en chaîne sur les usagers de la ville.

La simple piste cyclable en est un bon exemple.

A première vue, l'installation d'une bande cyclable semble proposer un moyen rapide et facile d'accroître la mobilité active. Cette installation ne reviendrait-elle pas à simplement poser de l'asphalte et de la peinture ?

Cette approche relève d’une simplicité trompeuse, car elle ne tient pas compte des préoccupations des résidents, notamment la suppression des places de stationnement. De même, elle ne considère pas leurs craintes, pourtant irrationnelles, de voir les automobilistes emprunter de nouveaux chemins et créer des embouteillages ailleurs.

Les municipalités qui installent ces pistes cyclables doivent mieux expliquer à leurs habitants que ces aménagements, loin d’être des pistes isolées, s’inscrivent dans un réseau plus intégré. Cette logique d’écosystème doit être bien communiquée pour être comprise et acceptée par les citoyens.

Insights

Design

Mobilités de demain et design urbain : quelles interactions et quelles interventions des citoyens ?

  • Edith Maruéjouls

    Edith Maruéjouls

    Fondatrice du bureau d’études L’ARObE

20 Février 2024

Une ville qui pense la question de l’inclusivité, c'est une ville qui réfléchit au statut des femmes et à l'espace “du dehors”.

On attribue communément aux femmes “l’espace du dedans” : l’école ou les centres sociaux. Or, c’est “le dehors” qui structure l'espace de citoyenneté et de liberté.

Dans le monde des transports, nous devons rendre visibles les besoins des femmes. La mobilité des enfants ponctue le quotidien des femmes or les transports ne leur sont pas adaptés. Par exemple, ils ne prennent pas en compte les besoins des femmes enceintes, les poussettes des jeunes enfants…

Pour repenser les besoins des femmes dans l’espace urbain, il faut déconstruire nos espaces actuels et que les évolutions prennent en compte non seulement les femmes mais également les personnes en situation de handicap ou d’obésité. Pour aider les femmes à conquérir l’espace public, il faut élaborer un espace qui prononce le féminin et qui dit la réalité des violences qui leur sont faites.

Afin de garantir l’inclusivité, les stratégies urbaines doivent intégrer les besoins des femmes, qui sont porteuses de la diversité humaine, concevoir la mixité intergénérationnelle, ainsi que traiter la question de la sociabilité. À travers ces considérations, nous pouvons construire des espaces permettant à chacun et chacune de réaffirmer son droit à la ville et son droit à être “dehors”.

Interview

Design

Les villes doivent-elles être au coeur de nos priorités ?

  • Zeina Nazer

    Zeina Nazer

    Co-fondatrice de Cities Forum et vice-présidente de ITS UK Road User Charging Forum

20 Février 2024

Dans cette vidéo, Zeina Nazer, co-fondatrice de Cities Forum et vice-présidente de ITS UK Road User Charging Forum explique pourquoi les villes doivent être au centre de nos préoccupations.

Plus de 70% de la population mondiale vit dans les villes et cette proportion ne cesse de croître. Les villes ont de la chance car elles ont accès aux transports publics et à différents modes pour se déplacer. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas dans les quartiers ou les villes moins développées. Cela constitue donc une entrave à l’activité économique : les individus doivent pouvoir se déplacer pour se rendre sur leur lieu de travail ou à l’école. En les aidant, nous aidons une grande majorité.

Avec cela, nous devons prendre en considération tout le reste, parce que nous devons également penser aux villes moins développées, aux petits quartiers où les individus doivent avoir accès aux transports.

Interview

Design

Comment les individus peuvent-ils améliorer leur environnement urbain ?

  • Zeina Nazer

    Zeina Nazer

    Co-fondatrice de Cities Forum et vice-présidente de ITS UK Road User Charging Forum

20 Février 2024

Dans cette vidéo, Zeina Nazer, co-fondatrice de Cities Forum et vice-présidente de ITS UK Road User Charging Forum nous explique comment améliorer notre environnement urbain.

Le message est qu'il faut prendre soin de notre ville : il faut réduire les dégâts, comme en conduisant moins nos voitures personnelles, en s’entraidant, en pensant à nos communautés et à nos voisins. Nous pouvons faire beaucoup ensemble et nous pouvons sauver le monde en prenant soin de notre ville, des uns et des autres.

Il est facile de marcher 20 minutes plutôt que de conduire ou de prendre un taxi. Il existe donc de nombreux moyens de sauver nos villes : il faut réfléchir à la manière de réduire les émissions et d’éviter tous les dégâts causés par nos voitures. C’est en pensant à tout cela que nous pouvons aider nos villes.

Interview

Design

Comment réinventer la mobilité ?

  • Arnaud  Passalacqua

    Arnaud Passalacqua

    Professeur à l'Ecole d'urbanisme de Paris

20 Février 2024

Réinventer la mobilité : Arnaud Passalacqua, Professeur à l'École d'Urbanisme, partage ses idées.

 

Comment peut-on réinventer la mobilité ?

Il ne faut pas penser la mobilité pour elle-même. Il faut d’abord penser, de quoi les gens ont besoin, penser en termes d’accessibilité. C’est pour cela que c’est un secteur important où il faut travailler.

Comment les villes peuvent-elles s’adapter à la crise climatique ?

La ville industrielle est la ville des réseaux : ceux qu’on a construit au 19ème siècle et qui sont des réseaux de gaz, d’éclairages, d’eau, etc. Puis se sont installés des réseaux de mobilité : l’hippomobile, puis les transports collectifs, et enfin, la voiture qui a trouvé sa place et qui a construit ses propres réseaux. La crise que nous vivons, c’est celle de la ville industrielle comme la ville des réseaux. Travailler sur le rapport à la mobilité est une entrée pour réinventer la mobilité.

La mobilité peut-elle faire partie de la solution ?

La voiture n’est pas entièrement responsable de tout. Elle a rendu possible le partage des fruits de la croissance. Il ne s’agit pas de diaboliser les objets, seulement de constater ce que nous avons construit. Aujourd’hui, notre modèle urbain est périmé et il y a une forte nécessité de changer de paradigme. Il faut trouver un nouveau modèle urbain en améliorant l’aménagement de l’espace, et c’est à réinventer collectivement.

Interview

Design

Quel rapport entre architecture et mobilité pour nos villes ?

  • Madeleine Masse

    Madeleine Masse

    Fondatrice & Présidente Atelier Soil

20 Février 2024

Dans cette vidéo, Madeleine Masse, Fondatrice et Présidente d'Atelier Soil, explique le rapport entre l'architecture et la mobilité.

 

Comment nos villes tissent-elles un rapport entre l’architecture et la mobilité ?

L’architecture et la mobilité sont liées, surtout pour l’aménagement des espaces publics. Etant architecte et urbaniste, j’ai beaucoup travaillé sur les espaces autours des gares et les espaces d’intermodalité. On met souvent de côté la conception des espaces de la mobilité. Ce n’est pas juste un projet de paysage ou un projet de matérialité ou d’espace. Il faut vraiment intégrer toutes ces notions d’intermodalité, de connexion, de report vers un autre mode. Pour moi, ces questions sont totalement embarquées dans la conception des espaces publics ou des espaces extérieurs.

Comment le design urbain peut-il faire des transports publics une priorité pour la ville de demain ?

Ce n’est pas compliqué, mais il faut faire des choix. Cela demande du courage, parfois il faut choisir de mettre en priorité certains modes. Il faut choisir de redonner de l’espace aux piétons et aux transports en commun. C’est vrai que la voiture a pris beaucoup de place ces dernières décennies dans les villes, mais on a un espace, même s’il est limité : c'est notre héritage et il faut composer avec cet espace-là. C’est justement le rôle des architectes de venir essayer de trouver des priorités et des subterfuges pour que tous les modes de transport puissent être accueillis sur l’espace urbain.