Les mobilités interurbaines, l'angle mort de la transition écologique ?

Le 24 septembre 2026
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Les trajets du quotidien entre métropoles et villes moyennes ne concernent qu'environ 10 % des actifs, mais représentent près de 30 % des émissions de CO2 liées aux déplacements domicile-travail. Les travaux du laboratoire Ville Mobilité Transport pour Geonexio apportent un éclairage chiffré sur ces flux invisibles mais déterminants.

Comment évoluent les mobilités interurbaines ? - Anna Aguilera & Florent Le Néchet

Dans cette interview réalisée lors de l'événement organisé par Geonexio en avril 2026, le think & do tank de Transdev en France, Anna Aguilera et Florent Le Néchet analysent les enjeux des mobilités interurbaines et leur impact sur l'organisation des territoires. En s'appuyant sur leurs travaux de recherche, ils mettent en évidence l'importance des déplacements quotidiens entre villes, la forte dépendance à l'automobile et la nécessité de développer des alternatives plus durables pour répondre aux défis de mobilité, d'aménagement du territoire et de réduction des émissions.

Florent Le Néchet (Maître de conférences à l'Université Gustave Eiffel, Directeur adjoint du LVMT) : "Dans ce travail, nous avons qualifié de mobilité interurbaine les déplacements, notamment domicile-travail, qui s'effectuent entre deux villes au sens de l'Insee. Donc l'Insee définit ce qu'ils appellent des aires d'attraction des villes : ce sont des périmètres fonctionnels constitués de plusieurs communes qui sont construits de sorte à ce qu'une part importante des déplacements s'effectue à l'intérieur de ces périmètres, et notamment vers la ville cœur de l'agglomération où se concentrent la plupart du temps les emplois." Anna Aguilera (Directrice du Laboratoire Ville Mobilité Transport - LVMT) : "Un enjeu très important : nos travaux montrent que les flux interurbains concernent 3 millions de personnes, et à plus de 90 % ces personnes prennent quotidiennement la voiture pour aller au travail sur des distances importantes. Donc il y a des enjeux très forts effectivement de report vers des modes alternatifs à la voiture." Florent Le Néchet : "D'après nos calculs, ces mobilités, du point de vue des mobilités domicile-travail, représentent à peu près 10 % des actifs — un peu plus — et environ 30 % des émissions de CO2. Pour une raison un peu mécanique, c'est qu'évidemment, puisque ce sont des mobilités qui sortent des périmètres des villes, et bien elles ont des distances moyennes plus importantes que les mobilités à l'intérieur des villes. Et au-delà de ces aspects-là, la mobilité interurbaine est importante à prendre en compte au niveau plus globalement des projets de territoire. En fait, on se rend compte que de fait, les mobilités interurbaines occupent une place dans l'organisation et le fonctionnement de ces territoires à une échelle infrarégionale, mais néanmoins qui dépasse le périmètre classique des villes, et qu'il y a là toute une série d'enjeux d'aménagement articulés, qu'il s'agisse du logement, de l'emploi et bien sûr des transports et des mobilités."

Ce que recouvre la mobilité interurbaine

Sont qualifiés d'interurbains les déplacements, notamment domicile-travail, qui s'effectuent entre deux villes au sens de l'Insee. L'Insee définit des aires d'attraction des villes : des périmètres fonctionnels constitués de plusieurs communes, construits de sorte qu'une part importante des déplacements s'effectue à l'intérieur de ces périmètres, et notamment vers la ville cœur de l'agglomération, où se concentrent la plupart du temps les emplois.

Les mobilités interurbaines sont donc celles qui franchissent ces limites pour rejoindre un autre bassin d'emploi.

Des déplacements longs et très dépendants de la voiture

Ces flux concernent trois millions de personnes. L'explication de leur poids carbone est mécanique : sortir du périmètre des villes implique des distances moyennes nettement plus longues que les déplacements internes aux agglomérations.

Anne AguiléraIngénieure des Travaux Publics de l’Etat et chercheuse en socio-économie des mobilités
“Nos travaux montrent que les flux interurbains concernent 3 millions de personnes, et à plus de 90 % ces personnes prennent quotidiennement la voiture pour aller au travail sur des distances importantes.”
Anne AguiléraIngénieure des Travaux Publics de l’Etat et chercheuse en socio-économie des mobilités

Repenser l'aménagement à l'échelle infrarégionale

Le défi ne relève pas uniquement de l'offre de transport. Les mobilités interurbaines occupent une place dans l'organisation et le fonctionnement des territoires à une échelle infrarégionale, qui dépasse le périmètre classique des villes.

Florent Le NéchetMaître de Conférences en aménagement de l’espace et urbanisme à l’Université Gustave Eiffel
“Il y a là toute une série d'enjeux d'aménagement articulés, qu'il s'agisse du logement, de l'emploi et bien sûr des transports et des mobilités”
Florent Le NéchetMaître de Conférences en aménagement de l’espace et urbanisme à l’Université Gustave Eiffel
Site web éco-concu
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