Quels sont les grands défis de la mobilité pour la région Grand Est ?
David Valence
Ancien député, Président de la commission Transports, Mobilités et Infrastructures du conseil régional du Grand Est
« On ne peut pas opposer le numérique et le physique. Pour moi, la mobilité de demain, c'est l'alliance réussie entre ces deux mondes. Le numérique, c'est ce qui va permettre de rendre le physique plus efficace. C'est ce qui permet d'optimiser les réseaux, de gérer les flux en temps réel et d'apporter l'information à l'usager au bon moment. Mais le physique reste essentiel : ce sont les infrastructures, les bus, les trains, les pistes cyclables. Le numérique ne remplace pas le déplacement, il le facilite. L'enjeu pour 2050, c'est d'utiliser la donnée et les outils digitaux pour rendre les infrastructures physiques plus sobres et plus adaptées aux besoins réels. C'est en croisant ces deux dimensions qu'on arrivera à une mobilité qui soit à la fois performante technologiquement et profondément humaine dans son usage quotidien. »
L'un des besoins très forts qu'on a, c'est de créer du lien entre les espaces métropolitains au sens large et leurs différentes couronnes.
Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui on a souvent une offre de transport public qui est très dense dans le cœur des villes et parfois dans les quelques communes qui sont situées alentour, mais les données qui sont présentées par Geonexio nous invitent à densifier les liaisons entre les villes moyennes et les métropoles, mais aussi entre la seconde couronne et le cœur des métropoles, et parfois vers la première couronne quand beaucoup d'emplois y sont implantés. Et donc c'est vraiment une invitation à tenir compte de la diversité de l'espace français.
Ce qu'on voit bien à travers les données qui sont rassemblées par Geonexio, c'est qu'il y a beaucoup à faire avec les infrastructures existantes, à la fois pour les entretenir, pour les mettre à niveau, pour en développer l'usage. Et moi, j'ai vu dans les outils proposés par Geonexio, j'ai vu aussi dans les commentaires, les analyses qui ont été proposées par Jean Coldefy et Jacques Lévy, une invitation à résister à la mythologie de l'infrastructure nouvelle. C'est vrai qu'en France on a toujours tendance, quand on parle d'infrastructure de mobilité, à s'imaginer qu'un grand projet va résoudre tous les problèmes. La vérité, c'est que : appuyons-nous d'abord sur le patrimoine d'infrastructure que nous avons. Il a un potentiel très fort, il correspond souvent aux besoins d'usage qu'on en a, et parfois, à trop consacrer de crédit public à des projets nouveaux, on ne voit pas qu'on a la capacité de faire mieux et plus sur les infrastructures qui existent, pour peu qu'elles soient en bon état et qu'on en développe la capacité.
d’équivalent CO2

