Comment gérer le plan de mobilité pour le HOKA UTMB Mont-Blanc ?
Michel Poletti
Coureur et fondateur de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB)
« La mobilité de demain, elle doit être avant tout décarbonée, ça c'est une évidence. Mais elle doit aussi être plus intelligente. Et quand je dis intelligente, ça veut dire qu'elle doit être capable de s'adapter en temps réel aux besoins des usagers. On a aujourd'hui des outils technologiques, comme l'analyse de données ou l'intelligence artificielle, qui nous permettent de mieux comprendre les flux et de proposer des solutions de transport qui sont beaucoup plus efficaces. Mais l'intelligence, c'est aussi de savoir faire travailler ensemble les différents modes de transport. C'est ce qu'on appelle l'intermodalité. Il faut que le passage du bus au train, ou du vélo au tramway, soit le plus simple et le plus fluide possible. C'est en facilitant ces connexions que l'on rendra les transports collectifs vraiment compétitifs par rapport à la voiture individuelle. L'objectif final, c'est d'offrir une mobilité sans couture qui simplifie la vie des gens tout en protégeant notre environnement. »
On a une triple particularité. D'une part, on a plusieurs types de population qui nécessitent de se déplacer.
Ça peut être nos coureurs, mais aussi les accompagnants des coureurs, les supporters, les bénévoles, également toute l'organisation, et ça sur des territoires très vastes qui peuvent couvrir plusieurs départements et sur des durées longues - les événements durent plusieurs jours.
Et donc en ce qui nous concerne, les défis auxquels on doit faire face : réussir à faire venir l'ensemble de ces populations de la manière la plus douce possible sur des territoires qui sont souvent exigus. Et une fois que tous ces gens sont arrivés, réussir à les faire se déplacer pour que chacun puisse aller là où il doit aller dans de bonnes conditions et sans déranger, sans congestionner le trafic routier.
C'est tous ensemble que l'on doit faire preuve de beaucoup de pédagogie. D'abord pour expliquer qu'il faut accepter de se déplacer de manière différente, et progressivement donc mettre en place à la fois des politiques publiques, mais aussi des plans de transport privés. Dans le cas qui nous concerne, nous, organisateurs d'événements, mettre en place des solutions de mobilité collective et qui permettent de se développer dans le respect de l'environnement naturel. Et ça passera aussi, malheureusement je pense, par des contraintes qu'il faut apporter par rapport à l'utilisation des véhicules individuels. On ne peut pas, dans les territoires de montagne aujourd'hui, rester avec les habitudes qu'on a tous prises depuis des décennies.
d’équivalent CO2

