Quel avenir pour les mobilités dans les espaces peu denses ?

28.09.2020
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Mercredi 23 septembre, Thierry Mallet s’exprimait devant la délégation à la prospective du Sénat, sur la vision du Groupe Transdev quant aux perspectives à long terme des mobilités dans les espaces peu denses. Si l’adaptation à chaque contexte local restera la règle, certaines expérimentations pourraient conduire à une mobilité alternative au tout voiture.

 

L’enquête sur « la mobilité du quotidien dans les régions françaises » menée en partenariat avec Régions de France et confiée à IPSOS en juillet 2019, indiquait que les Français, notamment en milieux périurbain et rural, sont prisonniers de leur voiture et que cette mobilité pèse dans leur budget (97% d’entre eux utilisent leur véhicule quotidiennement). Lorsqu’on les interroge sur leurs attentes qui leur permettraient de moins recourir à la voiture, spontanément ils pensent transports en commun et vélo.

Concernant les transports en commun, qui restent et resteront une réponse aux enjeux d’une mobilité inclusive et responsable, structurante et massive, les Français sont prêts à changer leurs habitudes et demandent un niveau de services optimisé. En milieux rural et périurbain, ils semblent ouverts aux systèmes de rabattement, c’est à dire de solutions proches d’eux qui les amènent vers une gare ou une station, à condition qu’ils soient bien organisés et qu’ils ne leur fassent pas perdre du temps. Ils veulent aussi payer le juste prix.

Les solutions existent, du vélo au train en passant par les systèmes de transport solidaire. Elles sont à adapter aux contextes et aux besoins des territoires, pour offrir une mobilité adaptée.

Partout en France, il y a un foisonnement d’initiatives locales qui sont l’œuvre de femmes et d’hommes passionnés, investis dans leur mission de service public à l’image du Sud Avesnois, du PETR (Pole d’équilibre territorial et rural) de Lunéville, de la Communauté de Communes du Pic Saint Loup dans l’aire métropolitaine de Montpellier. Toutes ces initiatives, et bien d’autres encore, sont illustrées dans le guide AdCF-Transdev.

Pour répondre aux enjeux de mobilité dans les espaces peu denses, nous pouvons actionner de nombreux leviers. Deux sont essentiels à la réussite des solutions qui seront mises en œuvre :

  • la pédagogie (la mobilité ça s’apprend)
  • la coopération des territoires et des parties prenantes.

Pour construire une mobilité alternative au tout voiture, bâtir une offre intermodale performante et de qualité, il faut davantage coordonner, concerter et organiser pour mieux optimiser. La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) met à notre disposition des instruments propres à une meilleure gouvernance de mobilités plus responsables, plus inclusives, plus sûres et plus efficaces, comme la concertation via les comités des partenaires, la coordination à la bonne échelle grâce aux bassins de mobilité et l’organisation à travers les contrats opérationnels de mobilité. A nous de les mettre en musique et de composer une partition résiliente, intégrant un volet pédagogique inclusif, pour impulser les nouvelles habitudes de mobilité du quotidien des Français.

Aujourd’hui nous avons des outils et des moyens : la LOM, le plan de relance, les fonds européens… dont il faut se saisir pour que demain les territoires disposent de services adaptés, connus et utilisés.
La LOM n’a pas encore donné toute sa mesure notamment en raison de la crise sanitaire. Elle doit donner aux collectivités locales la possibilité d’orienter les usages et une meilleure articulation des modes. Son seul « manque » : ne pas avoir de financement pour alimenter ces nouvelles compétences des autorités organisatrices.

Le plan de relance et la mobilisation rapide des fonds européens doivent combler en partie cette lacune, mais rien ne pourra se concrétiser rapidement sans une concertation de tous les acteurs des territoires.

Comment pouvons-nous vous aider ?